C’est un moment magique et merveilleux de voir rentrer un enfant dans sa famille et quitter définitivement l’orphelinat.
Nous avons pu vivre un de ces moments lorsque nous avons ramené Gninie dans sa famille il y a un mois pour qu’elle fasse connaissance avec ses parents. Elle ne les avait pas revu depuis deux ans, depuis son intégration à l’orphelinat.
Afin de ne pas faire subir à Gninie un changement trop brutal, nous avions envisagé de la laisser une nuit seulement, et de la ramener le lendemain à la pouponnière, et de renouveler l’expérience la semaine d’après. Mais quand nous sommes arrivés dans ce village au beau milieu de la brousse et que son papa lui a tendu les bras, elle n’a pas hésité et s’est blottie contre lui. On aurait dit qu’elle avait toujours vécu ici. Toute sa famille était autour d’elle, la contemplant et n’arrêtant pas de nous remercier de l’avoir ramenée en vie et en bonne santé !
Le lendemain, conformément à notre plan, nous sommes revenus pour la ramener à l’orphelinat… mais là, Gninie nous a fait comprendre qu’elle n’était pas du tout d’accord : elle s’est mise à crier en nous voyant et moi-même je n’ai pu l’approcher.
Nous avons pris alors la réjouissante décision de la remettre définitivement à sa famille.
Nous avons fourni des vivres et quelques vêtements (grâce aux parrains) et sommes repartis avec la satisfaction d’avoir accompli le meilleur pour cette petite fille.
Nous sommes revenus la voir quelques semaines plus tard. Elle est en bonne santé et semble vraiment heureuse de vivre avec les siens.
Nous espérons que les autres enfants vivront aussi rapidement et sereinement leur intégration dans leurs familles. Déjà Monique, Razack, et Idrissa rentrent chez eux tous les week-end.
Début mars nous avons intégré à l’orphelinat deux petites jumelles âgées d’un an.
Leur histoire nous a beaucoup touchée et nous avons décidé de les accueillir en urgence.
Leur maman venait de décéder d’une grave maladie qui n’avait pas été détectée, et le papa tentait d’assumer ses deux fillettes en bas âge.
Celui-ci avait perdu son travail, il avait était licencié du fait du dépassement des congés auxquels il avait droit pour garder sa femme malade et ses deux petites filles.
La maman disparue, le père sans emploi se retrouvait sans ressources dans un logement insalubre. Les petites étaient de temps en temps devant la porte et les passants donnaient quelques pièces par ci par là.
Nous avons répondu à l’appel de cet homme et avons intégré les enfants immédiatement.
Aujourd’hui le papa cherche du travail et vient voir ses filles tous les jours à la pouponnière.
Nous vous tiendrons bien sur au courant de l'évolution des deux petites au sein de la poup'.